BP a indiqué que le départ de M. Hayward, 53 ans, se faisait "d'un commun accord" avec celui-ci. Le
président de BP Carl-Henric Svanberg a assuré que la direction était
"profondément attristée de perdre un directeur général dont le succès
pendant trois ans pour piloter la performance de l'entreprise a été si
largement admirée, et de manière si méritée". "La
tragédie de l'explosion du puits de Macondo et les dommages
environnementaux qui ont suivi ont été un tournant", a observé le président. Selon lui, "BP reste
une entreprise robuste avec de beaux actifs, un personnel excellent et
a un rôle vital à jouer pour contenter les besoins de la planète en
énergie". "Mais ce sera une entreprise différente désormais, qui a
besoin d'une nouvelle direction soutenue par une gouvernance robuste et
un conseil d'administration très engagé". M.
Dudley est chargé depuis juin de la gestion de la marée noire dans le
golfe du Mexique, une région qu'il connaît bien pour y avoir passé une
partie de son enfance. Il avait auparavant dirigé la coentreprise de BP
en Russie TNK-BP pendant cinq ans, avant de devoir partir
précipitamment en 2008 après un conflit avec les coactionnaires. M.
Svanberg a souligné que BP "avait beaucoup de chance d'avoir un
successeur du calibre de Bob Dudley (...) qui a montré qu'il savait
opérer de manière solide dans les circonstances les plus difficiles". Si
la présence de M. Dudley, 54 ans et premier dirigeant non britannique
de BP, a notamment pour but de rassurer et calmer les Américains, M.
Hayward pour sa part va devoir assurer le maintien des bonnes relations
avec la Russie dont les relations avec M. Dudley s'étaient détériorées.
M. Hayward sera nommé au conseil d'administration de TNK-BP, à un poste
non exécutif. Il restera par ailleurs au conseil d'administration de BP
jusqu'au 30 novembre. M.
Hayward recevra un an de salaire en guise d'indemnités, soit 1,045
million de livres (1,2 million d'euros) conformément aux pratiques du
groupe. M.
Dudley, ancien employé de l'américain Amoco et qui avait rejoint BP au
moment de la fusion des deux entreprises en 1998, s'est dit "honoré de
se voir confier la tâche de rebâtir la réputation de BP mais triste des
circonstances" dans lesquelles cela arrive. "J'ai
la plus grande admiration pour Tony", a-t-il assuré, et notamment "pour
son engagement sans faille dans le règlement du désastre" du Golfe du
Mexique. M. Dudley sera basé à Londres et ses tâches actuelles aux Etats-Unis seront confiées à Lamar McKay, le président de BP America. M.
Hayward pour sa part a assuré que l'explosion de la plate-forme, qui a
fait 11 morts au mois d'avril avant de causer la marée noire, "a été
une tragédie terrible dont, en tant que responsable de BP quand c'est
arrivé, je me sentirai toujours responsable, quelle que soit la
responsabilité finale". BP
a déjà à plusieurs reprises laissé entendre qu'il désignerait d'autres
responsabilités que la sienne quand le problème de la marée noire
serait résolu. M.
Hayward a estimé que "la décision de démissionner à laquelle il est
parvenu avec la direction est cohérente avec le sens des
responsabilités montré par BP tout au long de ces terribles
événements". Lui aussi a considéré que la compagnie "aurait changé"
après cette affaire, "et il est normal qu'elle aborde cette nouvelle
phase sous une nouvelle direction".
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