L'annonce en a été
faite mardi par Nicolas Sarkozy, après un Conseil de politique
nucléaire qui a examiné le rapport commandé l'an dernier par le chef de
l'Etat à l'ancien patron d'EDF François Roussely et remis il y a
quelques semaines. Premier
point: "un accord de partenariat stratégique entre EDF et Areva
couvrant l'ensemble de leurs domaines d'activité d'intérêt commun sera
mis en place", selon le communiqué de l'Elysée. Dans
ce cadre, EDF pourrait prendre une participation au capital d'Areva,
qui sera augmenté d'ici la fin de l'année à hauteur de 15%. Pour cette
opération, des "négociations ont d'ores et déjà été engagées" avec des
investisseurs industriels et financiers, selon l'Elysée. Surtout,
écrit la présidence, "s'agissant de l'exportation des centrales
nucléaires, les deux entreprises mettront en place, chaque fois que les
besoins des clients le nécessiteront, une organisation s'appuyant sur
la compétence d'exploitant et d'architecte-ensemblier d'EDF", comme le
préconisait le rapport Roussely. Cet
accord "non exclusif" ne remet "toutefois pas en cause la capacité des
deux entreprises à coopérer avec d'autres industriels du secteur",
souligne l'Elysée. Mais
il consacre le leadership historique de l'électricien français EDF,
revendiqué depuis des mois par son patron Henri Proglio, sur fond de
vives tensions au sein de la filière nucléaire française. Ces
dissensions avaient éclaté au grand jour après le cuisant échec d'Abou
Dhabi en décembre dernier, où Areva, EDF, GDF Suez et Total s'étaient
fait souffler un contrat géant de 20 milliards de dollars. En
début d'année, Areva et EDF s'étaient ensuite écharpés sur des contrats
de recyclage et d'enrichissement d'uranium. A tel point que le Premier
ministre François Fillon avait dû intervenir en convoquant les deux
patrons à Matignon, et que le chef de l'Etat avait promis de "mettre de
l'ordre" dans la filière. Les
enjeux sont en effet énormes: la synthèse du rapport Roussely, rendue
publique sur le site de l'Elysée (www.elysee.fr) et expurgée des
éléments classés défense, parle ainsi de "renaissance" du nucléaire
civil, qui "se traduira probablement par la mise en chantier d'environ
250 nouvelles centrales d'ici vingt ans". Pour
cela, la "filière française doit donc s'adapter" et les "entreprises du
secteur ont à faire de considérables efforts d'amélioration de leur
offre face aux autres géants du secteur", selon ce rapport, pour lequel
M. Roussely et les experts qui l'épaulaient ont auditionné environ 200
personnes. Il
en ressort 15 grandes recommandations, dont trois mesures d'urgence
pour remédier aux gros retards pris par les chantiers EPR de
Flamanville en France et d'Olkiluoto en Finlande. Le
rapport Roussely préconise notamment de "diversifier loffre française à
linternational" et de créer un "ministère de lEnergie" ou un
"secrétariat général à lEnergie". Il
ne fait en revanche aucune mention parmi les "leaders" de la filière
française de GDF Suez, qui ambitionne pourtant de se renforcer dans le
nucléaire civil.
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