Le 1er juillet à Atlanta, personne n'avait prévu ce scénario. La RD Congo ouvre le score dès la 7e minute, et l'Angleterre court après le score pendant plus de 75 minutes. Les Three Lions ont frôlé l'élimination — avant qu'un certain Harry Kane ne décide que ce n'était pas encore leur soir de sortie.
C'est une erreur défensive qui lance tout. Djed Spence, latéral droit de fortune, se fait prendre dans le dos par un long ballon de Mbemba. Cipenga en profite et frappe du droit au premier poteau et...But. Dès la 7e minute, le stade souffle. Brian Cipenga, joueur de D2 espagnole, venait d'humilier l'une des sélections les plus attendues de la compétition. Un but qui résume tout ce qui ne va pas côté anglais : le côté droit de la défense, un sujet d'inquiétude depuis de nombreuses semaines, alors que Ben White est absent, que Reece James, blessé, est resté sur le banc et que Tino Livramento est lui aussi à l'infirmerie. La RD Congo ne s'est pas contentée de défendre son avantage — elle a continué à jouer, à provoquer, à y croire. Un courage admirable.
Si la RD Congo a tenu aussi longtemps, c'est en grande partie grâce à son gardien. Lionel Mpasi, portier du Havre, a été l'un des grands hommes du match, écœurant pendant très longtemps l'armada britannique. Bellingham, le plus actif des Anglais, a été le premier à cadrer côté anglais, d'une tête magnifique repoussée par Mpasi — mais il a fallu attendre la 30e minute. Les occasions se sont ensuite enchaînées à la 35e, 42e, 43e et 45e+2 sans trouver le chemin des filets. Une efficacité catastrophique qui a maintenu le Congo en vie bien plus longtemps que prévu. En seconde période, la RD Congo a reculé, mais Mpasi continuait de repousser tout ce qui arrivait dans sa direction. Ces occasions gaspillées ont failli coûter leur qualification aux Three Lions.
C'est à ça qu'on reconnaît un capitaine ! Capable de sortir sa formation de la tempête, Kane a permis aux vainqueurs de l'édition 1966 d'être toujours en vie. À la 75e minute, il égalise. À la 86e, Kane se retourne et envoie une frappe imparable en pleine lucarne — 2-1, renversement de situation, Atlanta explose. Kane est désormais auteur de 5 buts dans cette compétition. Quand tout semblait perdu, le capitaine a pris ses responsabilités. Un leadership pur, brutal, décisif.
L'Angleterre avance, mais elle avance en boitant. Les failles défensives sont criantes, et le flanc droit reste un vrai problème que Tuchel devra absolument corriger avant le choc face au Mexique en huitièmes. Mais parlons aussi de la RD Congo — parce que cette équipe mérite le respect. Menée par le sélectionneur français Sébastien Desabre, la sélection congolaise a proposé un football courageux, organisé, et jamais résigné. Elle repart d'Atlanta sans victoire, mais avec quelque chose d'infiniment plus précieux : la fierté d'avoir fait trembler l'une des grandes nations du football mondial pendant 86 minutes. Cipenga, inconnu hier, est désormais une légende aux yeux de tout un peuple. L'Afrique peut être fière de ce Congo-là.