À 41 ans, sous le toit fermé du Dallas Stadium, Cristiano Ronaldo a disputé son dernier match de grand tournoi planétaire. Et il l'a terminé en larmes. La plus grande carrière individuelle de l'histoire du football s'achève sans le seul titre qui lui manquait. Djo, même si on est pas portugais, on a eu le cœur serré ce soir.
Lundi 6 juillet au Dallas Stadium, devant 70 649 spectateurs, le derby ibérique tant attendu entre Espagne et Portugal a tenu ses promesses de tension — mais pas forcément de spectacle. Deux 4-2-3-1 compacts, deux équipes qui se respectaient trop pour prendre des risques. Côté Portugal, Roberto Martínez optait pour la prudence avec Ronaldo seul en pointe. Côté Espagne, la Roja s'appuyait sur la maîtrise de Pedri, les accélérations de Lamine Yamal en ailier droit, et l'intelligence de Dani Olmo entre les lignes. La première alerte portugaise était belle : une frappe enroulée de Nuno Mendes heurtait la barre latérale à la 37e — et Mendes quittait malheureusement la pelouse sur blessure à la 55e, un coup dur énorme pour l'équilibre du Portugal. Unai Simon maintenait la Roja à flot sur une frappe de João Félix bien captée. Et puis vint la 90e+1 : sur un coup franc rapidement exécuté dans les dernières secondes du temps réglementaire, Ferran Torres — entré du banc — débordait et adressait un caviar parfait au point de penalty. Mikel Merino, lui aussi remplaçant, surgissait et crucifiait Costa de près. 1-0. La douche froide. Le Portugal n'avait cadré que 2 tirs sur 10 tentatives. Sur ces chiffres, l'élimination est logique — même si cruelle.
Au coup de sifflet final, les images qui ont ému la planète entière n'étaient pas celles de la célébration espagnole — mais celles d'un homme de 41 ans, les larmes aux yeux, qui réalisait que l'aventure était terminée. Cristiano Ronaldo, 19 ballons touchés seulement dans ce match, aucun dribble réussi sur l'ensemble de la compétition — passé à côté de ce huitième de finale comme de trop de matchs dans ce tournoi. Et c'est Lamine Yamal, 18 ans à peine, le phénomène espagnol qui vient de contribuer à son élimination, qui est allé le consoler en premier. Un geste fort, relayé partout par Fabrizio Romano sur X avec la photo qui a fait fondre les réseaux sociaux. La presse portugaise, elle, n'a pas mâché ses mots : "Tout est fini" titrait Record en Une. "L'élimination en huitièmes repousse le rêve du titre à 2030" écrivait O Jogo. Et Ronaldo lui-même, en zone mixte, a prononcé des mots dignes de sa légende : "J'ai tout donné, j'ai la conscience tranquille. Avant Cristiano, le Portugal n'avait aucun titre. J'ai gagné 3 titres avec le Portugal. L'Euro 2016 a la même valeur qu'un Mondial, sincèrement."
Les chiffres racontent une histoire ambivalente. En six participations — 2006, 2010, 2014, 2018, 2022, 2026 — Cristiano Ronaldo a inscrit 11 buts et délivré 2 passes décisives en 27 matchs. Sa meilleure performance reste 2006, en demi-finale, entouré de Figo, Pauleta et Deco. Depuis ? Une longue liste de désillusions. Et un chiffre qui fait mal : seulement 1 but en phase à élimination directe sur l'ensemble de ses six tournois. Cinq fois éliminé avant la demi-finale. Jamais en finale. Le plus grand attaquant de l'histoire de la Ligue des Champions, le meilleur buteur du Real Madrid de tous les temps, le quintuple vainqueur du Ballon d'Or — n'aura donc jamais soulevé le seul trophée qui lui manquait. Et une polémique plane sur cette dernière aventure : selon The Telegraph, la suspension de Ronaldo qui avait été levée avant ce tournoi — lui permettant de jouer les deux premiers matchs — serait intervenue "quelques jours seulement après que Ronaldo avait été l'invité vedette d'un dîner de gala avec Donald Trump et le président de la FIFA à Washington". Un détail troublant, dans un tournoi déjà marqué par l'affaire Balogun.
La question est sur toutes les lèvres des meilleurs joueurs du monde observateurs du football mondial. Avec 3 buts en 5 matchs dans ce tournoi, des prestations jugées insuffisantes par la presse portugaise, une élimination dès les 16e de finale, et 41 ans au compteur — la réponse est presque évidente. Le Ballon d'Or 2026 ne sera pas pour Cristiano Ronaldo. Les candidats sérieux se nomment Kylian Mbappé, auteur d'un tournoi exceptionnel avec la France, Erling Haaland en feu avec la Norvège, ou encore Lamine Yamal, 18 ans et déjà décisif dans ce huitième de finale historique. Pour CR7, l'heure du bilan a sonné — et il est grandiose sur le plan individuel, douloureux sur le plan collectif.
Et pendant que le monde pleure Ronaldo, il faut aussi saluer une Espagne impressionnante . Meilleure défense du tournoi, un seul but encaissé depuis le début, une maîtrise territoriale bluffante, et un coach Luis De La Fuente dont les remplacements ont fait la différence ce soir — Ferran Torres et Mikel Merino, tous deux sortis du banc, auteurs du but de la qualification. La Roja file en quart de finale avec le statut de vraie favorite du tournoi. Djo, c'est beau à voir — même si côté Portugal, les larmes de Ronaldo resteront l'image de ce grand tournoi planétaire !
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