On a connu des petites finales jouées sans grande envie, mais celle-là, c'est carrément un scénario de film. Menée 4-0 à la pause, l'équipe de France a sorti l'orgueil pour revenir à 4-3, faisant vaciller toute l'Angleterre. Sauf que les Three Lions ont fini par reprendre la main et s'imposer 6-4 dans les arrêts de jeu, décrochant leur meilleur résultat en grand tournoi planétaire depuis 1966. Dix buts, une remontada avortée, et un Didier Deschamps qui boucle 14 ans à la tête des Bleus sur une soirée à montagnes russes. Une chose est sûre : personne ne s'est ennuyé à Miami.
Le début de match a été un vrai cauchemar pour les Bleus. Declan Rice ouvrait le score dès la 3e minute sur une récupération haute, avant qu'Ezri Konsa ne double la mise de la tête sur corner (18e). Bukayo Saka s'en mêlait ensuite avec un doublé express (37e puis 45e+1), portant le score à un sans appel 4-0 à la pause. Une entame catastrophique, presque irréelle pour une sélection de ce standing. Mais au retour des vestiaires, tout a basculé : les entrées d'Ousmane Dembélé et de Bradley Barcola ont métamorphosé l'attaque française. Kylian Mbappé réduisait l'écart dès la 48e minute, Barcola suivait à la 54e (2-4), puis Mbappé remettait ça à la 66e pour ramener les Bleus à 3-4. Le stade s'embrasait, l'Angleterre tremblait. Mais Bukayo Saka, décidément injouable ce soir-là, transformait un penalty à la 85e pour boucler son triplé (3-5). La France ne lâchait rien pour autant : Dembélé recollait à 4-5 dans le temps additionnel (90e+6), avant que Jude Bellingham ne referme définitivement la porte d'un but final (90e+8). Score final : 6-4 pour l'Angleterre, dans ce qui restera la petite finale la plus prolifique de l'histoire de la compétition.
Dans le naufrage collectif, il y a au moins une consolation de taille. Avec son doublé face à l'Angleterre, Kylian Mbappé s'installe seul en tête du classement des buteurs sur l'ensemble de l'histoire du tournoi planétaire, dépassant la référence que représentait jusque-là Lionel Messi. Un record historique glané le soir même où son sélectionneur tirait sa révérence — une manière pour Mbappé de marquer les esprits jusqu'au bout de cette édition, même sans trophée à la clé.
Ce 187e et dernier match sur le banc des Bleus restera à l'image du mandat de Didier Deschamps : irrégulier, mais jamais dénué de caractère. Après une première période catastrophique qui aurait pu virer à l'humiliation, ses joueurs ont montré l'orgueil qui a fait la marque de cette génération, sans toutefois réussir à conclure la remontada. Une sortie en demi-teinte pour l'un des sélectionneurs les plus titrés de l'histoire du football français, trois jours seulement après l'élimination douloureuse en demi-finale.
Pour les Three Lions, cette victoire a forcément un goût particulier. En décrochant la troisième place, l'Angleterre signe son meilleur résultat en grand tournoi planétaire depuis son sacre de 1966. Mais l'euphorie reste mesurée : trois jours après une défaite douloureuse en demi-finale contre l'Argentine, cette médaille de bronze ressemble davantage à un lot de consolation qu'à une vraie victoire, même si Bukayo Saka, auteur d'un triplé, a des raisons personnelles de savourer sa soirée.
Le lendemain, la presse spécialisée n'avait qu'un mot à la bouche : folie. Plusieurs médias ont salué la petite finale la plus spectaculaire jamais vue, entre le naufrage initial des Bleus, leur sursaut d'orgueil et le scénario complètement fou du temps additionnel. Sur les réseaux, les images de la remontada de Mbappé et du triplé de Saka ont tourné en boucle, tandis que les commentaires oscillaient entre admiration pour l'intensité du match et moquerie pour la défense française, méconnaissable en première période. Djo, on aura tout vu dans cette soirée à Miami. Revois tous les buts et ce scénario hors norme sur les chaînes New World Sport, direct dans ton appli Max it.